REFERENCE NATURE - AJICONCEPT
 

UNE PISCINE BIOLOGIQUE CHEZ SOI

LA PISCINE VIVANTE 2

Comment ça marche ?

Les composants de base d’une piscine vivante sont : le filtre bactérien, le lagunage et l’étang de baignade.

Le filtre bactérien, beaucoup plus qu’un filtre mécanique, est une barrière biologique autonettoyante ! Il peut être divisé en 3 parties, le filtre, la barrière biologique et les plantes :

  • le filtre mécanique, composé de pouzzolane, une roche volcanique, sert a capter les particules en suspension dans l’eau, et aussi de habitat pour les microorganismes qui constituent la barrière biologique.

  • Nous appelons barrière biologique les micro-organismes qui vivent dans la pouzzolane. Ils transforment toute matière organique qui arrive dans le filtre, un peu comme une flore intestinale. Finalement les plantes aquatiques profitent de ce processus et transforment les déchets engendrés en biomasse.

  • Le lagunage prend la forme d’une grande mare semée de plantes aquatiques. C’est un grand bac de décantation pour les particules en suspension. Les trois acteurs principaux ici sont l’argile qui, entre autres, absorbe des toxines comme l’ammoniaque, les plantes dont certaines oxygènent l’eau et fournissent un habitat pour la faune aquatique. La faune a son tour remplit plusieurs fonctions (par exemple : les escargots mangent les feuilles fanées). L’importance du lagunage planté pour l’écosystème est tel qu’il doit constituer au moins 1/3 de la surface totale de l’eau.

L’étang de baignade est évidemment un espace étendu et profond pour s’y mouvoir sans embarras. La masse fournie par sa taille est aussi un atout pour le système de par ses qualités thermiques. D’un côté cela crée des courants : le fait que l’eau y est plus froide qu’ailleurs procure une zone micro climatique de plus pour la diversité biologique, toujours importante pour la vitalité d’un écosystème.

Par une volonté d’offrir une qualité d’eau impeccable pour la natation, le bassin de baignade est souvent surélevé par rapport au lagunage, ceci afin d’assurer un effet de débordement pour retirer tout ce qui s’y trouve en surface. De plus, pour éviter un dépôt de vase au fond du bassin qui pourrait troubler l’eau dans des moments d’utilisation plein d’entrain, on peut y poser des tuyaux aspirants sous une couche de graviers. Ceci dans les cas où une pompe électrique assure la circulation de l’eau.

J’ajouterais qu’une circulation quasi continue, et une bonne oxygénation de l’eau sont essentiels, ceci surtout pour le bien être du filtre bactérien, mais aussi pour ses autres habitants en générale. Donc une bonne pompe pour les systèmes fermés, ou une pente et une alimentation d’eau dans un système linéaire, permettent d’assurer la circulation. L’oxygénation est optimisé par la mise en place d’un ruisseau, des chutes d’eau ou des fontaines, et des plantes submergées. 

Les étapes de construction :

  • Trouver un emplacement (l’idéal serait un terrain en pente, facile a creuser, pas trop prés des arbres et avec a peu prés 8 heures d’ensoleillement par jour), puis y faire le tracé des bords.

  • Creuser jusqu'à la profondeur souhaitée avec des terrasses large d’au moins 1m30 partout ou il y aura des graviers et des plantes pour les retenir. A moins d’être descendue jusqu'à la nappe phréatique, il faut maintenant rendre le trou imperméable.

  • Vous avait un choix entre 4 matériaux pour l’étanchéité : L’argile (seulement si votre terrain est déjà argileux), le caoutchouc synthétique (EPDM), les bassins préformés en plastique ou fibre de verre, ou le béton.

  • Poser donc la couche étanche en assurant que les bords sont de niveau, et installer un trop plein. Puis aménager les bords pour leur donner un aspect naturel.

  • Installer la pompe, les tuyaux et le drain pour le filtre. Ajouter l’argile, la pouzzolane, et les graviers.

  • Remplissez avec de l’eau.

  • Faire les plantations. Choisissez une large variété de plantes, avec quelques plantes oxygénantes, et s’assurez que vous les plantez à la bonne profondeur.

  • Attendre que la vie s’y installe (a peu prés 4 mois). Ex. Des mini-crevettes, des Daphnés, des araignées d’eau, les libellules, des escargots aquatique, des grenouilles, des rainettes, des tritons etc.

Quelques points supplémentaires…

J’aimerais terminer en répondant a quelques questions que l’on me pose assez souvent sur le sujet :

Q : Quel est la meilleure période de l’année pour effectuer les travaux ?

R : Le seul facteur déterminant pour l’emploi du temps des travaux est la flore. Le meilleur moment pour faire les plantations est le printemps. Sachant que les travaux vont prendre entre 2 et 3 mois, si vous voulez vous baigner cet été, il faudrait que les terrassements et le trou soient en place au plus tard pour Avril.

Q : N’y a t’il pas de danger d’attraper des maladies dans l’eau ?

R : Je dirais que la meilleure protection pour votre santé est la santé de la piscine. Nous avons a faire a un écosystème, tous les habitants participent a entretenir la vitalité du lieu et a combattre des éventuelles envahisseurs morbides. Il en va de leurs survie personnelle, donc ils prennent ce sujet très a cœur. Pour renforcer sa vitalité, le design doit surtout assurer la diversité des occupants et faciliter la mise en place d’équipes coopératives. Ajoutons qu’un envahisseur prend plus facilement le dessus dans un support pauvre, comme dans une monoculture plutôt que dans une forêt naturelle, ou dans les tuyaux d’eau d’un bâtiment que dans un ruisseau. N’oublions pas l’importance du placebo et de l’esprit dans tout ce qui traite de santé : pour ceux qui veulent une assurance supplémentaire, je recommande l’installation d’un stérilisateur UV (Ultra Violet).